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Void If Removed / Nul si découvert (Concrete Erudition 4)
Void If Removed / Nul si découvert (Concrete Erudition 4), Le Plateau, Frac Ile-de-France, 2011



Avec des oeuvres / Works by Bas Jan Ader, Eric Baudelaire, Bernard Bazile, Alighiero Boetti, Chris Burden, Coop Himmelblau, Marcel Duchamp, Ceal Floyer, Ryan Gander, Dora Garcia, Joseph Grigely, Ann Veronica Janssens, Jiri Kovanda, Joao Louro, Julien Loustau, Daniel Pommereulle, Stephen Prina, Anna-Maria Maiolino, Man Ray, Lawrence Weiner, Ian Wilson, Carey Young, Rémy Zaugg

Nul si découvert/Void if Removed is the fourth and last part of the Concrete Erudition programme proposed by Guillaume Désanges, the guest curator invited to devise a cycle of exhibitions at Le Plateau since 2009. In creating a continuity with previous shows, Watchmen, Liars, Dreamers, Planet of Signs and Prisoners of the Sun, which all question the relationship between knowledge and access thereto, this exhibition, this time around, takes as its point of departure three stories, in order to broach, in art, the idea of experiences which are at once conceivable and impossible.

Lake Vostok, in Antarctica, is a pocket of water caught beneath a thick layer of ice, supposedly containing forms of life many thousands of years old. Scientists have attempted to go there and check things out, but have now banned themselves from so doing, because venturing into that place would immediately alter its presumed equilibrium. The dilemma between growth of knowledge and concern for conservation is here deadlocked. Violating the lake would trigger the same "spontaneous disintegration" bomb as in the famous scene in Fellini’s film Roma, when excavations for the underground railway expose the sumptuous frescoes of a Roman villa to instant evaporation.

The "Schrödinger’s cat" thought experiment is a parable of quantum mechanics, dealing with the disintegration of atoms. Let us imagine a cat shut up in a box with a phial of lethal gas, which may spread with a certain degree of probability. How are we to know whether the cat is dead or alive without opening the box ? As long as nobody actually checks, Schrödinger declares that the cat is both alive and dead" something, i.e., that is "living-dead". Not one or the other, but BOTH, at least until the box is opened. So it is the moment when the cat is checked that affects the state of the object being studied, either saving or killing it.

The European Large Hadron Colider [LHC], the world’s most powerful particle accelerator, is designed to enable physicists to examine the basic ingredients of matter, by recreating the conditions which existed just after the Big Bang. When it went into operation in 2008, a certain number of scientists called for the experiment to be suspended, for fear of creating black holes which might engulf the earth. The execution of a hitherto untried experiment can give rise to considerable growth (in terms of knowledge, being, space, energy, and the like) just as it may culminate in irreversible, not to say catastrophic losses. But how is the validity of such fears to be verified without testing it ?

These are all situations where observation does away with observation

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The journal of the exhibition, in french

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The map of the exhibition, in french


Nul si découvert / Void if removed est le quatrième et dernier volet du programme "érudition Concrète" proposé par Guillaume Désanges, commissaire invité à concevoir depuis 2009 un cycle d’expositions au Plateau. S’inscrivant dans la continuité des précédentes expositions interrogeant une relation renouvelée de l’art à la connaissance, cette exposition prend comme point de départ trois histoires pour aborder, par l’art, l’idée d’expériences à la fois concevables et impossibles.

Le lac Vostok, en Antarctique est une poche d’eau capturée sous une épaisse couche de glace, qui renfermerait potentiellement des formes de vie millénaires. Tentés d’aller vérifier, les scientifiques se l’interdisent encore puisque pénétrer cet espace altérerait immédiatement son équilibre supposé. Le dilemme entre accroissement de la connaissance et souci de conservation semble ici sans issue. La profanation du lac déclencherait la même bombe à "désagrégation spontanée" que dans la fameuse scène de Roma de Fellini, où le percement du métropolitain expose les fresques somptueuses d’une villa romaine à une disparition immédiate.

L’expérience du "chat de Schrödinger", est une parabole de la mécanique quantique, portant sur la désintégration des atomes. Supposons un chat enfermé dans une caisse avec une fiole de gaz mortel qui peut se répandre selon une certaine probabilité. Comment savoir si le chat est mort ou vivant sans ouvrir le coffre ? Tant qu’aucune vérification n’est effectuée, le physicien Ernest Schrödinger affirme que le chat est vivant et mort à la fois, "mort-vivant". Non pas l’un ou l’autre, mais bien l’un ET l’autre, du moins jusqu’à l’ouverture de la boîte. C’est donc le moment de la vérification qui infléchit l’état de l’objet d’étude, qui sauve ou tue le chat.

Le LHC européen, l’accélérateur de particules le plus puissant du monde, doit permettre aux physiciens d’étudier les composants fondamentaux de la matière, en recréant les conditions qui existaient juste après le Big Bang. Lors de sa mise en service en 2008, un certain nombre de scientifiques ont réclamé la suspension de l’expérience par crainte de création de trous noirs qui auraient englouti la terre. L’accomplissement d’une expérience inédite peut susciter un accroissement considérable (de savoir, d’être, d’espace, d’énergie, etc.) comme aboutir à des pertes irréversibles, voire catastrophiques. Mais comment vérifier le bien fondé de ces craintes sans le tester ?

Dans ces perspectives, l’exposition présente des situations où l’observation anéantit l’observation. Précisément, des oeuvres - sculptures, photographies, vidéos ou performances - qui sont d’autant plus frustrantes et fragiles que les phénomènes qu’elles contiennent ou abordent menacent de s’évaporer à l’ouverture. L’hermétisme attise la curiosité, encourage la violation du secret, mais maintient le savoir dans une spéculation pacifique, à distance, comme un mirage proposant la "figuration d’un possible" (Marcel Duchamp), et susceptible de susciter un vertige fantastique. Ce type de mécanisme "nul si découvert" concerne autant des configurations scientifiques, poétiques, que philosophiques et politiques. Mais l’expérience d’une expérience impossible n’est pas seulement un casse-tête métaphysique : il peut s’agir de situations très concrètes, physiques et sensuelles. L’art, dans sa capacité inégalée à formaliser des idées en dehors de tout système déterminé et de tout fonctionnalisme, est peut-être le lieu privilégié de ces expériences de "l’inexpérimentable", ces expressions de l’ineffable, ces impossibilités de la possibilité.

Une manière de clore ce cycle sur la connaissance par deux perspectives divergentes sans être contradictoires : l’irréductible inaccessibilité du savoir et l’infini de ses possibilités.

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Le Journal de l’exposition, en français

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Le Plan de l’exposition, en français