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The Watchmen, the Liars, the Dreamers/ Les Vigiles, les Menteurs, les Rêveurs
Concrete Erudition 3 / Erudition concrète 3. Le Plateau, Frac Ile-de-France, 2010



Works by Agence, Mathieu K. Abonnenc, Jean Amblard, éric Baudelaire, Luis Camnitzer, Julius Eastman, Mario Garcia Torres, Jean-Luc Godard, Les Groupes Medvedkine, Tamar Guimaraes, Chris Moukarbel, Boris Taslitzky, Walid Raad & Monument to Transformation (Vit Havranek, Zbynek Baladran + Vyacheslav Akhunov, Babi Badalov, Chto Delat, Hafiz, Lise Harlev, Ivan Moudov, Boris Ondreic ?ka, Anatoly Osmolovsky, Haegue Yang)

Curated by Guillaume Désanges.

Le Plateau. Frac Ile-de-France

Curated by Guillaume Désanges.

Le Plateau. Frac Ile-de-France / September 16. - November 14 ; 2010.

[http://www.fracidf-leplateau.com]

///The Watchmen, the Liars, the Dreamers is part three of "Concrete
Erudition," a two year exhibition program conceived by Guillaume Désanges for the Parisian contemporary art centre Le Plateau. As with the two previews shows, Planet of Signs and Prisoners of the Sun, this show continues to question the way artists engage with, or reinvent, the relationship between art and knowledge, with forms or actions resulting from their personal research. The show will present practices a priori quite different, but that all appear to be derived from a documentary principle, in the broadest sense of the word. While the classical and well established relationship between the document and the real is generally considered under criteria of objectivity, caution and rigour, these artists explode those references, developing alternate means of restitution that can take the form of translation, reconstruction, transfer or fiction. These practices are not so much about playing or cheating, but rather, in a radical transitive logic, about touching the other, sharing knowledge and conscience with him/her, and in doing so, if necessary, breaching the
ethical rules of the scientist, the historian, the journalist or the columnist. But let’s be clear : these artists-as-researchers, observers, jurists, guardians of the present or the past, are not simply playing, their forms are submitted to the urgency of a transitive purpose or message more so than just a stylistic posture.

It isn’t about denying the efficacy of the form but rather about affirming "functions" or even artist missions. Remaining at equal distance from a refusal of the form in the name of authenticity on the one hand and aesthetic virtuosity on the other. Taking the risk of formalization without loving it. Echoing the idea of a deep erudition that rises up to the surface and transforms into hybrid forms, the exhibition will unfold different strategies for writing facts, legal or historical, anecdotal or related to important events. Ranging from practical to political intent, from an activist or manifest point of view, the work tends towards the poetic, the lyrical or the fantastical.

While the subject matters are extremely varied, the artists all share the outcomes of their research without hesitating to create their own documents when needed, playing, sometimes, with the ambivalence between fiction and reality, historical objectivity and creation, personal collection and archive. Subjected to obligations of means rather than results, these artists work as rapporteurs, inventors or smugglers, contesting the notion of the author as demiurge. Sharing their information, their mapping of knowledge, their inventories and intelligence as weapons, these watchers aim at proposing new tools for critique. A mobile knowledge of surface, of connexions, that opposes the quality of the relation between facts to blind expertise.

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The journal of the exhibition, in French

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The map of the exhibition, in French

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/// Les vigiles, les menteurs, les rêveurs est le troisième volet du programme "Erudition Concrète" proposé par Guillaume Désanges, commissaire invité à concevoir un cycle d’expositions au Plateau. S’inscrivant dans la continuité de La Planète des Signes et Prisonniers du soleil, cette exposition entend continuer d’interroger la manière dont certains artistes contemporains renouvellent la relation entre l’art et la connaissance, donnant à voir en formes et en actes le résultat d’études et investigations personnelles. Il s’agira ici de présenter des pratiques a priori très diversifiées, mais qui apparaissent toutes dérivées d’un principe documentaire au sens large. Mais alors que la relation classique et établie du document au réel doit généralement se mesurer à des critères d’objectivité, de prudence et de rigueur, ces artistes font exploser ces pôles de références, développant des modes libres et alternatifs de restitution qui peuvent emprunter les chemins de la traduction, de la reconstitution, du transfert ou de la fiction. Ce faisant, il ne s’agit pas de jouer et de tromper, mais bien, dans une logique radicalement transitive, de toucher l’autre en partageant de la conscience et du savoir, acceptant s’il le faut de contredire aux règles éthiques et formelles du scientifique, de l’historien, du journaliste ou du chroniqueur. Mais qu’on ne s’y trompe pas : qu’ils soient artistes chercheurs, observateurs, juristes, vigiles du présent ou du passé, leurs formes sont soumises à la nécessité et l’urgence d’un message à passer plus que d’une volonté stylistique.

Il ne s’agit donc pas de nier l’efficacité de la forme, mais au contraire d’en affirmer des "fonctions", voire des missions. Donc à égale distance d’un refus de la forme au nom de l’authentique d’un côté, et de la virtuosité esthétique de l’autre. Prenant le risque de la formalisation sans l’aimer. En écho avec l’idée d’une érudition profonde qui remonte à la surface et se mue en formes hybrides, l’exposition dépliera ainsi différentes stratégies d’écriture de faits, historiques ou juridiques, anecdotiques ou événementiels, qui à partir d’une raison pratique et d’une volonté politique, militante ou manifeste, finissent parfois par tendre vers le poétique, le fantastique ou le lyrique.

Extrêmement divers dans les sujets abordés, tous ces artistes donnent à partager le résultat de leurs recherches, n’hésitant pas à créer leurs propres documents quand cela est nécessaire, jouant parfois sur des ambiguïtés entre fiction et réalité, objectivité historique et création, archive et collection personnelle. Soumis à des obligations de moyens plus que de résultats, ces artistes opèrent finalement comme des rapporteurs, des inventeurs ou des passeurs, contestant la position d’un auteur démiurge. Utilisant le partage de l’information, la connexion des savoirs, l’inventaire et le renseignement comme des armes, ces veilleurs proposent ainsi de nouveaux outils critiques. Un savoir mobile, de surface, de connexions, qui oppose la qualité de la relation entre les faits à l’expertise aveugle.

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Le journal de l’exposition, en français

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Le plan de l’exposition, en français

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Revue de presse
Magali Nachtergael, « Artistes et historiens à la fois : entre mensonge et fiction », Écrire l’histoire, 9 | 2012, 123-126.


Jean-Luc Godard, Lettre à Freddy Buache (Ville de Lausanne), 1981, documentaire, 11’43’’ / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Schéma de travail / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

De gauche à droite : Luis Camnitzer, Amanaplanacanalpanama, 1995,
/ Eric Baudelaire, Not yet titled (I), 2010 / Walid Raad, Let’s be Honest, the Weather Helped, 1984 - 2007.
Au centre, sur la table : Guy Debord et Alice Becker Ho, Le Jeu de la Guerre, 1987, republié par les éditions Atlas en 2007 / Sous-Commandant Marcos, "La 4e Guerre mondiale a commencé", article publié dans le Monde diplomatique, août 1997 / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Boris Taslitzky, six encres de Chine sur papier, 1947 / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

De gauche à droite : Walid Raad, Let’s be Honest, the Weather Helped, 1984 - 2007 / Sur la table : Guy Debord et Alice Becker Ho, Le Jeu de la Guerre, 1987, republié par les éditions Atlas en 2007 / Sous-Commandant Marcos, "La 4e Guerre mondiale a commencé", article publié dans le Monde diplomatique, août 1997 / Jean Amblard, L’ouvrière à la presse, 1952, / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Tamar Guimaraes, A Man Called Love, 2008 - 2009 / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Mathieu K. Abonnenc, For Julius Eastman, (Crazy Nigger), 2010, production pour l’exposition / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Agence, Assemblée (Les vigiles, les menteurs, les rêveurs),1992 - / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

Monument to Transformation
Vit Havranek et Zbynek Baladran (et Vyacheslav Akhunov, Babi Badalov, Chto Delat ? (What is to be done ?), Hafiz, Lise Harlev, Ivan Moudov, Boris Ondreicka, Anatoly Osmolovsky, Haegue Yang / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.

De gauche à droite : Mario Garcia Torres, Carta Abierta a Dr. Alt (Open letter to Dr. Alt), 2005 / Chris Moukarbel, Point of Departure, 2006 / Jean Amblard, La coulée au four Martin, 1952/ Le Plateau, photo Martin Argyroglo.


De gauche à droite : Mario Garcia Torres, Carta Abierta a Dr. Alt (Open letter to Dr. Alt), 2005 / Jean Amblard, Les soudeurs, 1952 / Le Plateau, photo Martin Argyroglo.