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Pick-Up
Public (Paris, France), 2004 / Stuk (Leuven, Belgique), 2008



Artists : Martin Arnold, Omer Fast, Bertrand Georges, Felix Gonzalez-Torres, Joseph Grigely, Thomas Hirschhorn, Claude Lévêque, Dominique Petitgand, Beat Streuli

Curated by Guillaume Désanges.

- Public (Paris, France), 2004, 26 nov. - 19 dec.
- Stuk (Leuven, Belgique), 2008, 31 oct. - 7 nov.

Pick-Up presents different art works that operate a fragmentation of sounds, texts, images, in order to bring out new cognitive and sensory potentialities. Like the deictics, these short linguistic particles whose meaning changes according to the context in which they are used, the exhibition aims at spreading out different strategies of reframing that can be applied to streams of communication.

The expression "pick-up" tackles such notions as sampling, harvest. Here, the idea is to draw from the murmur of the world, the fragment of conversation, the hint of a gesture, the torn out image. Everything that, at first sight, deals with the commonplaces, the everyday life, the small scale, the prosaic, but suddenly focusing on what is universal, objective, poetic, fantastic or violent in the tiny gaps of vulgar communication. Thus, it is not about going through the tiny like an entomologist, but rather : going towards infinity through the incomplete.

The fragment, foam of conversations (Petitgand, Grigely), of gestures (Streuli), of common images (Hirschhorn), of speeches (Georges, Lévêque, Fast), of films (Arnold), of memories (Gonzalez-Torres)- can possibly generate an explosion of meanings when collected and isolated, taken out of frame, amputated from its original context. It then leads to sensitive abysses (tears within reality) that allows infinite emotional appropriations by the spectator : poetical, sensual, political.

Pick-Up is also an active reflection about curating a show. Here, the works share not the space but the time of the exhibition, thought as a program broadcasted in loop. A system of remote-controlled lighting and electronic programmers automatically "activates" each work. Pick-Up is thus a way to play with the notion of exhibition as a scenario and the theatrical potential of a show.

The shape of Pick-Up, besides it allows that each work takes alternatively the entire space, can be also taken as an illustration of the whole comment of the exhibition : each work is a fragmented and partial item of the general propose, both affirmative, powerful and evanescent, demonstrative and irreducible to any demonstration. Confirming some intuitions, while escaping them at the very same time.

Guillaume Désanges


Joseph Grigely, Untitled Conversation (sex), 1996, 2 feuilles de papier sous cadre, 25 x 25 cm et 25 x 25 cm.
Joseph Grigely, Nine Blue Conversations, 2001, impressions sur papier, 38 x 42 cm.
Joseph Grigely, Untitled Conversation, 2003, impressions sur papier, 35 x 47 cm.


Dominique Petitgand, Les symptômes, 2001, installation sonore.


Une exposition organisée par Guillaume Désanges.

- Public (Paris, France), 2004, 26 nov. - 19 dec.
- Stuk (Leuven, Belgique), 2008, 31 oct. - 7 nov.

L’exposition Pick-Up prend comme point de départ des oeuvres d’art qui utilisent la fragmentation de sons, d’images, de textes pour en révéler de nouvelles potentialités cognitives et sensorielles. à l’image des déictiques, ces courtes particules linguistiques qui ne cessent de changer de sens en fonction du contexte dans lequel elles s’inscrivent, il s’agit (à travers le prélèvement, le bégaiement, la décontextualisation, le déplacement) de déployer l’éventail des stratégies de recadrage applicables aux flux les plus ordinaires de la communication.

L’expression "Pick-Up" évoque le prélèvement, le ramassage. Ici il s’agit de puiser dans la rumeur du monde, la bribe de conversation, l’esquisse du geste, l’image arrachée. Tout ce qui relève à première vue du banal, du quotidien, de la petite échelle, du prosaïque, mais en travaillant au contraire ce qui est grand, objectif, poétique, fantastique ou violent dans les interstices de la communication courante. Il ne s’agit pas alors de sonder l’infime, à la manière de l’entomologiste, mais plutôt : ouvrir vers l’infini à travers l’inachevé.

La bribe, écume de conversations (Petitgand, Grigely), de gestes (Streuli), d’images banalisées (Hirschhorn), de discours (Georges, Lévêque, Fast), de films (Arnold) est possiblement vectrice d’une explosion de sens dès lors qu’elle est simplement recueillie et isolée, livrée hors champ, amputée de son point d’origine. Elle ouvre alors sur des gouffres (déchirures du réel) qui offrent d’infinies appropriations émotives : poétiques, sensuelles, politiques�

Pick-Up est aussi une réflexion en acte sur l’exposition. Elle prévoit ainsi que les �"uvres se partagent non pas l’espace mais le temps de l’exposition. Un programme d’une durée précise tourne en boucle. Un jeu automatique de lumières et de programmateurs électroniques "déclenche" automatiquement les pièces sonores, les �"uvres au mur, le diaporama, les films. Pick-Up est l’occasion de prendre au mot et de jouer avec la notion de l’exposition comme scénario.

La forme de Pick-Up, outre qu’elle permet que chaque pièce ait l’une après l’autre la totalité de l’espace, est aussi une illustration possible du propos de l’exposition, chaque oeuvre représentant un élément fragmenté et parcellaire de celui-ci, à la fois affirmative, puissante et évanescente, démonstrative et irréductible à la démonstration, venant confirmer des intuitions tout en s’y dérobant sans cesse.

Ce faisant, Pick-Up est une affirmation : chaque �"uvre comporte en elle-même une multitude de lectures que le mode d’exposition peut révéler de manière toujours provisoire.

Guillaume Désanges


Martin Arnold, Passage à l’acte,vidéo noir et blanc, 1993.

Felix Gonzalez-Torres, Untitled (portrait of Robert Vifiant), 1993.