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Questions pour un champion (100 milliards de propositions pour faire parler un artiste)
dans Trouble n°2, 2002



"...comprendre ou mourir"

(Bertrand Russel)

L’entretien d’artiste est un exercice balisé, obéissant à une matrice méthodologique - questions ouvertes / réponses préparées / réécriture -, qui informe souvent plus qu’il ne révèle. Surtout lorsque les interlocuteurs en présence, sans chercher la rencontre, restent campés dans leur champ respectif. Entre professionnels. Business-to-Business. L’intervieweur brillant y verra un moyen de formuler, sans trop le justifier, un travail critique - élagué parce que ne rentrant pas dans le format de l’entretien (modèle : interventions qui s’apparentent au commentaire, plus longues que les réponses). L’artiste pourra en retour y déplier un dispositif théorique souvent bien rodé, pour peu qu’il possède une certaine virtuosité rhétorique (tant pis pour les autres). Ce faisant, le résultat oscille entre deux extrêmes : exposition d’un discours déjà pensé d’un côté ; paraphrase ou validation de spéculations critiques de l’autre. L’intervieweur et l’interviewé dans une relation de reconnaissance intellectuelle mutuelle. Misère de l’entretien d’art : la double pratique discursive.

Soyons juste, l’entretien reste une forme pratique de lecture d’un travail à l’intérieur d’un programme approuvé (et souvent pertinent) d’analyse et de pensée. Instructif. Mais alors que l’art contemporain a multiplié ses modes d’intervention et d’énonciation, on peut regretter que la critique n’ait pas plus souvent tenté de battre au même rythme que son objet, en renouvelant les formes de communication avec l’artiste [1] . Gilles Deleuze envisage possiblement l’entretien en termes de "tracé d’un devenir" [2], soit : un objet qui fuit dans un autre sens, un entre-deux. C’est particulièrement ainsi, dans un mouvement de "double capture" [3] , que l’entretien pourrait représenter un avenir pour la critique d’art. Pas moins. En favorisant l’émergence d’un objet qui, côtoyant le discours sur l’art et le propos d’artiste, constituerait un troisième terme flottant dans une relation indirecte avec chacun de ces deux discours pré-déterminés. S’entretenir comme "se tenir entre".

Pour cela, et pour le reste, une seule solution : sortir du cadre. Tracer des perspectives, dans tous les sens, en éprouvant de manière volontaire la vertu polysémique de toute oeuvre. Multiplier les protocoles, instiller du désordre. Adapter la forme de l’entretien à l’oeuvre interrogée. Utiliser les possibilités exceptionnelles de l’oralité (la spontanéité, les erreurs, le silence, etc.). Ou pas. Créer les conditions de situations inattendues qui offriront de nouvelles clés d’explication (plus que d’interprétation).
Généalogiquement, l’entretien a une visée pédagogique, didactique : il s’agit de comprendre plus que d’aimer. C’est le point de fuite idéal de ces suggestions : éclairer différemment pour révéler. Attention : un éclaircissement entendu ici au sens de l’explication esthétique de Wittgenstein [4], c’est-à-dire une explication par les raisons et non par les causes. Il s’agit moins de tendre vers la cause inconsciente (ou psychanalytique) que vers des motifs tus - non par rétention, mais parce ne trouvant pas leur place dans le champ tracé par l’entretien d’art. Des motifs, non comme "contenus de vérité de l’oeuvre" mais, au sens plastique du mot, proches du "motif dans le tapis" d’Henry James : toujours visibles mais non identifiables immédiatement. Que ces motifs forment de véritables palimpsestes ou résultent d’effets d’optique sur l’observateur n’en entame pas la légitimité.

Dans tous les cas, ces propositions revendiquent un rôle actif pour l’intervieweur. Et particulièrement dans les trois étapes qui structurent la liste ci-dessous : choix des questions, protocoles de recueil et de transcription. Les 100 milliards [5] de propositions qui suivent ne prétendent ni à l’inédit, ni à l’exhaustivité... et pas toutes à la pertinence. Elles proposent des protocoles souvent fantaisistes, parfois irréalisables. Autant de méthodes plus ou moins honnêtes pour sortir du cadre de l’entretien, à la recherche - comme horizon plus que comme objectif - d’une expression qui échapperait au discours attendu.

1 - QUESTIONNAIRES / CHOIX MULTIPLES
Interventions dans le choix des questions

Hors sujet (... avec Sainte Beuve)
Déplacements du sujet de l’entretien

- Entretien décalé : évoquer un autre sujet que le travail de l’artiste (football, plomberie, sexe...). VARIANTE : aborder exclusivement les thèmes autoproclamés d’un travail (parler réellement politique avec un artiste "politique").

- Le transfert : préparer des questions pour un artiste, les poser à un autre. VARIANTE : voler des questions à des entretiens existants (paraphrasant Douglas Huebler : les entretiens d’art sont remplis de questions plus ou moins intéressantes, pour avoir envie d’en rajouter même une seule).

- Entretien d’embauche : à partir du C.V. (présentez-vous en quelques mots, pourquoi avez-vous choisi cette voie ?, parmi tout ce que vous avez fait, où avez-vous le mieux réussi ?, quels sont vos principaux défauts / qualités ?, que pouvez-vous apporter de nouveau ?), on pourra confier cette tâche à un véritable cabinet de recrutement.

- Entretien "à bout de souffle" [6] : un flot de questions sur des sujets universels (qu’est-ce qui différencie la femme française de l’américaine ?, quelle est votre plus grande ambition dans la vie ?).

- L’entourage : interroger des proches de l’artiste, parents, amis, voisins, galeristes, concierges, artistes amis (ex. : femme de ménage de McCarthy, pompiste de Ruscha, ex-copains de bizutage de Mühl).

- Entre soi : discussion entre critiques sur le travail d’un artiste.

- L’entretien des modèles [7], avec : un mannequin de Vanessa Beecroft, la famille de Richard Billingham, le chien de Wegman.

Entretiens, pièces, main d’oeuvre
Entretiens "à trois" ou "à partir de", qui reposent sur des objets extérieurs comme points de départ ou soutiens à la discussion, permettant de travailler les rapprochements et surtout les écarts

- La visite d’atelier : discussion devant les pièces.

- L’étude comparative : la visite d’exposition ou de musée (mise en perspective / écarts / "réflexions sur").

- Les fonds de tiroir : entretien devant les oeuvres ratées, brouillons, projets abandonnés (pourquoi ?), pièces honteuses, etc.

- Le commentaire de texte : discussion à partir d’un texte critique sur le travail.

- Le retour : un entretien passé qui sert de référence ("êtes-vous toujours d’accord avec ce que vous disiez hier ? il y a un an ? il y a dix ans ?").

- L’objet fantasmé : réaction à des descriptions d’oeuvres ou de projets inventés par l’intervieweur.

- Entretien plagiat : artiste soumis à des plagiats, qu’on pourra éventuellement fabriquer soi-même ("franchement, qu’est-ce qui différencie cette pièce de la vôtre ?").

- Réflexif : placer l’artiste en spectateur de ses propres oeuvres. Quelle réception en a-t-il ? (occasion unique de regarder 24H Psycho en entier avec Douglas Gordon. Plus intéressant avec ceux qui ne voient pas leurs pièces, par ex : refaire une performance devant un performer).

- Journal intime : proposer à l’interviewé de tenir un carnet de notes à utiliser comme base pour l’entretien (très pratique, car rien besoin de préparer).

Point d’interrogations
Entretiens sans question

- Entretien stimuli : soumettre l’artiste à un certain nombre de stimuli (visuels, sonores : images, extraits de films, musiques, citations, etc.) et recueillir ses réactions .

- Les absents ont toujours tort : artiste confronté aux réactions [8] enregistrées de visiteurs de son exposition ou de personnes qui feuillettent son catalogue.

- L’arbitraire : confronter l’artiste à des mots choisis au hasard (dictionnaire). VARIANTE : le jargon (confronter l’artiste aux treize mots incontournables de l’art contemporain : intimité, politique (micro-), réappropriation, stratégie, interstice, rhizome, non-lieu, protocole, corps (questionnement du), collectif, codification, formel (retour du), dé(re)territorialisation. 80% de chances de tomber juste).

- L’abécédaire.

- Entretien élémentaire : demander uniquement à l’artiste de décrire ses pièces de la manière la plus neutre possible.

- Le soliloque : confier un magnétophone à un artiste et lui demander de commenter une visite de son atelier. VARIANTE : possibilité de rendre la chose plus pathétique en cachant le micro dans un lièvre mort.

Art critic belongs to everyone

- Entretien par un enfant (questions naïves). VARIANTE : par des quidams arrêtés dans la rue à qui l’on présente un catalogue ("quelles questions souhaiteriez-vous poser à cet artiste ?").

- Entretien avec un expert : Absalon avec un architecte, Sol Lewitt avec un peintre en bâtiment, Jeff Koons avec un manager

- Entretien par des journalistes vedettes (McCarthy par Mireille Dumas : "mais comment ont réagi vos parents ?", Opalka par Laurent Boyer : "dis-donc, Roman, c’est super cool chez toi !").

- Entretien entre des artistes travaillant ensemble : Fischli par Weiss, Bernd par Hilla Becher, etc.

- L’entretien ELIZA [9] : discussion virtuelle entre un artiste et un ordinateur.

- Entretien avec un gardien de musée ou d’exposition (les champions du monde de fréquentation des oeuvres d’art)

- Entretien inversé : "je suis vous (l’artiste), posez-moi les questions sur votre travail, puis rediscutez et contredisez".

- Midas (l’auto-entretien) : questions et réponses entièrement rédigées par l’artiste.

Working Blablas and Other Visible Things On Paper Not Necessarily Meant To Be Viewed As Entretiens
Divers types de questions

- L’examen : l’artiste est soumis à une phrase, une citation ; deux sujets au choix, on ramasse les copies dans quatre heures (et une bonne dissert’ de philo pour Kosuth).

- Le saut dans le bide : entretien sans rien connaître du travail de l’artiste (spontanéité, intuition, fulgurance, catastrophe).

- La leçon : l’intervieweur tient le rôle de l’assistant de l’artiste (comment se fabrique une pièce ?).

- Entretien empathique : un artiste doit défendre le travail d’un autre (doublement instructif).

- Entretien listing : "j’aime / j’aime pas", "je me souviens", etc. (les listes sont parfois plus éclairantes que les phrases.)

- Questionnaire de Proust adapté ("quels sont les défauts que vous détestez le plus chez un commissaire d’exposition ?", "pour quelle installation dans l’espace public avez-vous le plus d’indulgence ?").

- Le harcèlement : reposer inlassablement la même question.

- Entretien restreint : trois questions sur chaque pièce (Quand ? Comment ? Pourquoi ?).

- Entretien maso : convaincre un critique d’interroger longuement un artiste dont il déteste le travail. VARIANTE : lui demander de continuer tant qu’il n’a pas changé d’avis.

- Le jeu de rôle : mises en situation ("galerie cambriolée la veille du vernissage, toutes les pièces volées, que présentez-vous ?" à Niele Toroni : "vous êtes isolé sur une île déserte avec uniquement un pinceau n°50 et de la peinture rouge : que faites-vous ?").

- Unperfect lovers : deux artistes qui n’ont a priori rien en commun sont invités à débattre : embarras ou révélation ? (organiser une rencontre entre Thomas Hirschhorn et Wolfgang Laib, ou Sarah Lucas et Mariko Mori.)

2 - CONTRATS D’ENTRETIEN
Expérimentations dans les protocoles de recueil

Mots d’absence

- Entretien pendant le sommeil.

- Entretien par télépathie.

- Subliminal : questions comprenant des mots ou images subliminales.

- Entretien sous hypnose.

- Entretien éthylique : la cuite avec un artiste (avec Tom Marioni).

- Entretien sous sérum de vérité.

- Entretien avec des artistes morts (le scoop : demander à un médium de se mettre en relation avec Jackson Pollock).

Réponses balisées
Contraindre à un certain type de réponse

- Entretien apophantique : proposer à l’artiste de répondre une fois sur deux avec des propositions fausses (c’est-à-dire à l’inverse de ce qu’il pense : les propositions inventées sont aussi une information).

- Entretien apophantique 2 : soumettre un artiste à une série de propositions critiques sur son oeuvre qui sont soit vraies (sincères), soit fausses (arbitraires) ; possibilité de tomber juste par erreur.

- Le langage des signes : interdire de répondre oralement (un geste, une image, un dessin, etc.).

- Tabou : prendre les dix mots les plus utilisés par l’artiste dans ses entretiens précédents et lui interdire de répondre avec. VARIANTE : donner uniquement ces mots à commenter.

- Tabou 2 (Les Jeux de 20 h) : ni oui ni non, ni Deleuze ni Duchamp.

- Le bâillon : empêcher l’artiste de répondre (partant du principe que "Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l’enchaînement des questions" [10]).

Esthétique relationnelle

- Entretien " à bout de souffle" 2 : faire un jogging avec un artiste, le rythme saccadé des paroles est bon pour la réflexion et le choix des mots, et facilite en plus la transcription (non négligeable). VARIANTE light ou socratique : marcher en devisant.

- Entretien sympathique : interroger l’artiste en situation, vivre l’oeuvre avec lui (grimpé sur une échelle avec Gina Pane ; voire, pour les plus courageux, au milieu de la route sous la bâche avec Chris Burden).

- Entretien distrait : interroger un artiste absorbé à autre chose (pendant une partie de Doom, en train de conduire).

Interrogation surprise
Non-lieux

- Entretien dans des endroits improbables (cimetières, lavomatiques) ou hostiles (restaurant branché d’un grand musée national)

- No art’s land : entretien nu au sauna, un lieu où le maximum de références artistiques est éliminé.

- Surprise sur prise : faire poser les questions par surprise par les commerçants du quartier, les passants dans la rue, ou : au milieu de la nuit par téléphone, par courrier anonyme tous les jours, par des encarts dans la presse.

Test Interviews to Elicit Curiosity and Manipulatory Responses
Création d’un état de stress

- L’interrogatoire violent et du tac au tac (avec Forced Entertainment).

- L’entretien FBI : artiste soumis à un détecteur de mensonge.

- L’entretien terroriste : un flingue sur la tempe et des questions très personnelles.

- Entretien autiste : l’intervieweur reste silencieux (gêne, puis prise de parole / sujet libre).

- Le train fantôme thématique : artiste soumis à des images de l’horreur
en auto-tamponneuse au milieu d’une mauvaise biennale).

- Le quizz : type jeu télé avec buzzer (bourse de la Villa Médicis à la clé). Terroriste 2 (le chantage) : l’intervieweur fou s’introduit dans l’atelier d’un artiste et menace de tout détruire à moins d’obtenir de bonnes raisons de ne pas le faire.

- La garde à vue : "Monsieur Acconci, que faisiez sous le parquet de la Sonnabend Gallery au mois de janvier 1972 ?".

- Déterminer un temps de réponse : 1’30" ou 4’27" selon les questions.

Let’s entertain
Créer un état de détente pour désamorcer le rapport distancié intervieweur / interviewé.

- Entretien dans le noir (avec Soulages). VARIANTE : dans une cabine de relaxation (avec Bruce Nauman).

- Les critiques d’art de Rochefort : poser les questions en chantant (désamorce le côté sérieux de l’entretien et permet de rendre au moins drôle un discours ennuyeux). VARIANTE : entretien dansé, mimé, en imitant les voix d’hommes politiques.

- Entretien "Grigely" : questions / réponses échangées sur des bouts de papier (concision, rapidité, discrétion).

- La confession de type chrétienne (avec, éventuellement, pardon à la clé).

- Entretien dans l’intimité : confier les questions qu’on souhaite poser à : un bon ami de l’artiste, son psy, son amant(e)

What you say is what you say
Autres protocoles d’entretien

- Entretien collectif : comme les débats politiques "projet contre projet", plusieurs artistes répondent aux mêmes questions (utile pour les catalogues d’expos collectives et thématiques).

- Entretien avec choix des questions : l’interrogé choisit sa question parmi une liste.

- Entretien texto : par téléphone mobile ("pourkoi fet vou 2 lar ?") : réponse immédiate, concision obligatoire.

- Entretien par correspondance : lettres, cartes postales, e-mails : le temps de la réflexion, la facilité de contact (avec On Kawara).

- Entretien pathos : au chevet d’un artiste malade ou mourant, recueil pathétique des dernières révélations.

- L’incruste : un observateur extérieur intervient pendant l’entretien.

3-PRODUITS D’ENTRETIEN
Quelques moyens d’accommoder les transcriptions

Usages de faux

- La manipulation (dit "PPDA / Castro") : ré-assembler les éléments de réponse d’un entretien déjà réalisé, les placer en regard de nouvelles questions (rien de cet entretien n’aura été inventé sauf les questions).

- Le parasite : proposer à l’artiste d’intervenir à l’intérieur d’un entretien existant, en se plaçant comme troisième intervenant.

- L’apophtegme : proposer à un artiste de résumer son oeuvre en trois mots (cf. "résumer à une phrase 35 ans de travail" par François Morellet [11]).

- Le souvenir : transcription de mémoire d’un entretien sans notes.

- Le faux entretien : questions et réponses rédigées par l’intervieweur [12].

Quand les attitudes...

- Le roman-photo : présenté sous cette forme, l’entretien permet d’observer les réactions physiques à ce qui est dit.

- L’étude proxémique : juste décrire les réactions physiques aux questions ("montre des signes de nervosité à la vue d’une installation d’Arte povera", "éternue à l’énonciation du mot Ready-made"). VARIANTE : enregistrer ces réactions (photos, vidéo), et les présenter avec la question idoine.

- Entretien au scanner : permet de montrer la partie du cerveau activée pendant la réponse.

- "I’m too sad to tell you" : intervieweur et interviewé restent silencieux et éprouvent uniquement la présence de l’autre.

Le "devenir-art" de l’entretien d’art

- Entretien enregistré puis monté, découpé, déformé, ralenti, accéléré

- Entretien "Portrait of" [13] : ne garder que quelques mots essentiels de chaque réponse.

- La transcription intégrale : garder tous les mots, les hésitations ("ah, oui...euh"). VARIANTE : ne garder que les hésitations, les mots de liaisons, l’ossature extérieure de l’entretien.

- Entretien réécrit par un poète, un dramaturge, un écrivain.

- Entretien rejoué par des acteurs [14].

- Présenter un classement de tous les mots de l’entretien par ordre alphabétique (avec Claude Closky).

- Musical : l’intonation des voix adaptée en partition.

- Forme oulipienne : S+7, etc.

Confusion

- Entretien non signé : on ne saura jamais qui s’exprime.

- Le critique Frankenstein : plusieurs artistes sont interrogés avec les même questions, on retranscrit une synthèse des réponses, créant les réponses d’un artiste hybride (proposition : StanDouglasGordonMattaLarryClark).

- Le texte écrit à deux : artiste et critique signent un texte à deux mains (fusion des idées, mélange).

Le Zéro et l’infini

- Entretien "Qu’elle crève l’édition" : non retranscrit, sans trace, gratuit, pour le plaisir.

- Entretien "épuisement d’une oeuvre" : qui ne s’arrête jamais (contacter le Guinness des records).

- Pas d’entretien ou le non-entretien.

[1] Il y a des exceptions : Hans Ulrich Obrist, Robert Nickas...
[2] Cf. Dialogues avec Claire Parnet, Champs-Flammarion, Paris, 1996
[3] Ibidem
[4] Cf : Ludwig Wittgenstein, “ Leçons sur l’esthétique ”, Leçons et conversations, Gallimard, coll. Folio-essais.
[5] Le lecteur attentif relèvera que les propositions suivantes sont au nombre d’une centaine environ, mais le fait qu’elles soient pour la plupart cumulables entre elles porte le nombre théorique de possibilités à plus de 1,26 x 10 puissance 30 (1 260 milliards de milliards de milliards). On reste donc modeste avec le chiffre annoncé.

[6] Cf. scène de la conférence de presse avec Jean-Pierre Melville dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard
[7] Cf. Diderot interrogeant le personnage d’une toile de Greuze dans son compte-rendu du "Salon de 1765" (Hermann, Paris, 1984)

[8] Cf. entretien avec Dominique Petitgand (à paraître fin 2002 aux Laboratoires d’Aubervilliers).

[9] Protocole d’intelligence artificielle des années 1960, permettant de simuler une consultation avec un psychothérapeute grâce à des questions formulées à partir de mots-clés repérés dans les réponses.
[10] Daniel Pennac in La Fée carabine, Gallimard, Paris, 1987.
[11] in Mais comment taire mes commentaires, Ensb-a, Paris, 1999.
[12] Cf. "Conversation avec Kafka," de Gustav Janouch, qui reste une référence, quoique partiellement inventée selon Milan Kundera (cf. L’Art du roman, Gallimard, Paris, 1986).

[13] Cf. les Portraits de Félix Gonzalez-Torrès.
[14] Cf. À Haute Voix de Mike Kelley et Franz West.

Guillaume Désanges