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Unsustainable Art (A History of plastic bags in the nineties)
S.M.A.K., Stedelijk Museum voor Actuele Kunst (Gand, Belgique), 2009



Works by : Boris Achour, Edith Dekyndt, éric Hattan, Igor & Svetlana Kopystiansky, Kevin Landers, Isabelle Le Minh, Zoe Leonard, Franck Scurti, Lois & Franziska Weinberger

Curated by Guillaume Désanges in the frame of Faux Jumeaux, a project by Michel François.

S.M.A.K., Stedelijk Museum voor Actuele Kunst (Gand, Belgique), 2009, 28 fév. - 30 mars

In the middle of the nineties, a motif simultaneously appeared in several artworks : a twirling plastic bag, sometimes abandoned in tree branches. What struck me at first was the simultaneity of this pattern and the shared fascination it created. If each of the works presented here has its own formal and conceptual stake, I believe a common spirit animates them, which led to the appropriation of the theme by the Hollywood film industry when it appeared in the famous scene from American Beauty in 1998. The twirling plastic bag appears as a symbol of freedom, of uncontrolled movement, an almost anthropomorphic choreography, a spontaneous new urban ornament, etc.
It can even be seen as a specific sign of the times. It is precisely from the middle of the nineties onward that a new ecological conscience started to put the blame on plastic bags, which came to stand for an extravagant, futile consumption society, indifferent to the environment. The plastic bag suddenly looked disgraced and seemed to concentrate all the guilt and grievances and, as a result, was slowly banished from supermarkets. We can somewhat see something discreetly nostalgic in the repetition of these pictures, like a melancholy omen. They focus on a changing urban landscape, on the last signs of an endangered species. Vile, vulgar, prosaic and disliked, the plastic bag still remains somehow moving. A moving contradiction between its incredible solidity (capable of transporting 2000 times its own weight, resistant to destruction for more than several centuries) and its weakness (abandoned, drifting, carried away by wind).
A symbol of a ’weak’ resistance to the order of things, avoiding direct confrontation, a symbol of an uncanny grace appearing in everyday life, the twirling plastic bag represents a certain spirit of the nineties.

Guillaume Désanges


UNSUSTAINABLE ART
(Une histoire de sacs plastiques dans les années 90)

Projet organisé par Guillaume Désanges dans le cadre de l’exposition Faux Jumeaux de Michel François.

Au milieu des années 1990, un motif est apparu presque simultanément dans des travaux d’artistes : celui du sac plastique abandonné dans la rue, tournoyant et souvent abandonné dans les branches des arbres. Ce qui m’a frappé, c’est d’abord la concomitance de cette image, son apparition subite en plusieurs endroits au même moment et, de manière inconsciente, la fascination partagée qu’elle a pu susciter. Si ces oeuvres sont toutes différentes et si chacune garde des enjeux formels et conceptuels propres, un esprit commun a peut-être animé leur modélisation photographique, sculpturale ou vidéo, jusqu’à sa récupération par Hollywood, dans cette célèbre scène du film American Beauty en 1998. Image de la liberté, du mouvement incontrôlé, chorégraphie quasi anthropomorphe de l’inanimé, ornemental urbain spontané, prothèse artificielle dans un monde d’artefacts, etc.
Mais plus loin, et avec le recul, on pourrait y voir un signe particulier de l’époque. C’est précisément à partir du milieu des années 1990 qu’une nouvelle conscience écologique va faire peser sur le sac plastique une responsabilité inédite, puisqu’il devient le symbole d’une société de consommation dépensière, futile et indifférente à l’environnement. Le sac plastique est honni, concentre les griefs, et sera peu à peu remplacé dans les magasins. Dès lors, il y a quelque chose de discrètement nostalgique, déjà, dans ces images. Un mélancolique présage. Un paysage urbain en train de se transformer, et au sein duquel on guette les derniers signes d’une espèce que l’on pressent en voie d’extinction. Vil, vulgaire, prosaïque et mal aimé, le sac plastique a quelque chose d’émouvant. émouvante contradiction entre sa force (capable de transporter 2000 fois son poids, résistant à la destruction pendant plusieurs siècles) et sa faiblesse (abandonné, se laissant emporter par le vent). Symbole d’une résistance ’faible’ à l’ordre des choses, sans confrontation directe, d’une grâce à trouver dans le banal est le quotidien, le sac plastique virevoltant représente un certain esprit des années 1990.

Guillaume Désanges


Documentation de l’exposition.


Lois & Franziska Weinberger


Edith Dekyndt, Worthlessness 01/02, 1997, vidéo.
Franck Scurti, La Nuit Espagnole, 2008, Emballage de mandarine sur socle peint, plexiglass 20x20x20 cm.
Kevin Landers, Untitled (Walton’s bag), 1992.


Franc Scurti, La Nuit Espagnole, 2008, Emballage de mandarine sur socle peint, plexiglass 20x20x20 cm.


Vue générale de l’exposition.


Kevin Landers, Untitled (Walton’s bag), 1992.


Edith Dekyndt, Worthlessness 01/02, 1997, vidéo.