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LA FOULE 1 (unité - dualité - la meute - la masse) / THE CROWD Chapter 1 (unity - duality - the pack - the multitude)
Espace d’Art Contemporain La Tôlerie (Clermont-Ferrand, France), 2008



THE CROWD (0-INFINITY), Chapter 1 : unity - duality - the pack - the multitude

Artists : Anna Adahl (Suède), Maurizio Cattelan (Italie), Annika Eriksson (Suède), Felix Gonzalez-Torres (Cuba, USA), Ji ?i Kovanda (République tchèque), Kristof Kintera (République tchèque), Nicolas Moulin (France), Roman Ondak (Slovaquie), Claude Rutault (France), Laure Tixier (France), Marie Voignier (France), William Wegman (USA)

Curated by Guillaume Désanges, assisted by Mélanie Mermod (Work Method)

- Espace d’Art Contemporain La Tôlerie (Clermont-Ferrand, France), 2008, may 6. - july 15.

In the lineage of works by Elias Canetti, the motif of the crowd as an echo of the political notion of community can extend to the history of forms. Conceptually, the crowd results from the paradoxical formation of a "collective individuality," a physical gathering of units momentarily sharing a common goal. As a group capable of reaching the "innumerable," the crowd fascinates as much as it frightens through its physical monstrosity and immeasurable power. From a more formal point of view, the crowd’s motif refers to the representation of a whole as a sum of specific elements, therefore to the idea of fractals. It also relates to the ornamental tradition of the grotesque, as a chaotic succession that gives a form of order to disorder. An investigation of the crowd, the mass, or the multitude cannot be made without considering the necessary counterpoint : absence, void, the isolated individual facing the world, and his/her relationship to otherness and the group. Therein lies the first stage in the constitution of a community. From this perspective, THE CROWD (0-infinity) is constructed according to a continuous script that leads from the one to the multiple.


Annika Eriksson, The Copenhagen Postmen’s Orchestra, 1996, photography and video
Laure Tixier, Siphonophores (Bassia 1, Bassia 2, Bassia3), Epibulia 1, 2002, series of 8 watercolors on paper.

The first chapter of this evolving exhibition project voluntarily excludes any representation of human crowds. It approaches this complex theme in an abstract, paradoxical manner. The choice of the art works is more sensory than illustrative, more formal than figurative, more intuitive than manifest. The monochrome is thought of as an erasing of the subject. Chaotic or falsely controlled multitudes - including organic or social structures that operate like the "crystals of masses" - develop embryos of unit behavior. The issue is to challenge the image of the crowd in a sensitive manner, shedding some light on precarious ties between art works that individually escape thematic circumscription.

In a time of political and economical celebration of the individual dimension as an absolute value worldwide, when forces of opposition focus on the recognition of minorities and localized micro-resistance, the crowd, the multitude, the mass may be more subversive than it appears at first sight. This is what the exhibition wishes to incrementally measure.


LA FOULE (0-INFINI), Chapitre 1 : unité - dualité - la meute - la masse

Artistes : Anna Adahl (Suède), Maurizio Cattelan (Italie), Annika Eriksson (Suède), Felix Gonzalez-Torres (Cuba, USA), Ji ?i Kovanda (République tchèque), Kristof Kintera (République tchèque), Nicolas Moulin (France), Roman Ondak (Slovaquie), Claude Rutault (France), Laure Tixier (France), Marie Voignier (France), William Wegman (USA)

Une exposition proposée par Guillaume Désanges, assisté de Mélanie Mermod (Work Method)

- Espace d’Art Contemporain La Tôlerie (Clermont-Ferrand, France), 2008, may 6. - july 15.


Vidéo Felix Gonzalez-Torres, "Untitled" (Welcome Back Heroes), 1991, Chewing-gums Bazooka

Dans la lignée de la pensée du sociologue Elias Canetti, le motif de la foule se fait l’écho de la notion ontologiquement politique de communauté, mais concerne tout aussi bien une histoire des formes.
Idéellement, la foule naît de la formation paradoxale d’une "individualité collective", un regroupement physique de sujets partageant momentanément un objectif commun. Un regroupement pouvant atteindre l’"innombrable", qui fascine autant qu’il effraie par sa monstruosité physique et sa puissance incontrôlable, mais aussi sa volatilité. D’un point de vue formel, le motif de la foule aborde la représentation d’un tout composé d’une somme d’éléments caractéristiques, donc la fractalité, mais évoque aussi la tradition ornementale du grotesque, comme organisation visuelle semblant donner un ordre à une réalité multichangeante. Mais cette investigation sur la foule, la masse, ne peut pas se faire sans considérer d’abord son contrepoint, la question de l’absence et du néant, de l’individu isolé apparaissant au monde, puis de son rapport à l’altérité et au groupe, première étape vers la constitution d’une communauté. Dans cette perspective, l’exposition se construit progressivement selon un scénario continu qui mène de l’un au multiple.

Le premier chapitre de ce projet, qui se déroulera en deux temps, ne comporte volontairement aucune représentation de foule humaine. Il propose d’aborder ce sujet complexe de manière abstraite, voire paradoxale, à travers un choix d’oeuvres dont le rapport à l’unité et à la multitude est sensitif plus qu’illustratif, formel plus que discursif, indirect plus que manifeste. Du monochrome comme effacement du sujet jusqu’à la multitude chaotique ou faussement contrôlée de l’amoncellement, en passant par des structures organiques ou sociales qui, telles des "cristaux de masse", développent des embryons de comportement unitaire. Il s’agit de problématiser un sujet de manière sensible, révélant des éclairages particuliers et des liens précaires entre des oeuvres qui échappent individuellement à la circonscription thématique.

Dans une période où politique et économie mondiales semblent prôner l’échelle individuelle comme valeur absolue, où les formes de contre-pouvoir ont souvent pris comme angle d’attaque la reconnaissance des minorités ou les micro-résistances localisées, l’échelle de la foule, de la multitude, de la masse, et le malaise qu’elle peut susciter apparaissent peut-être plus subversif qu’il n’y paraît à première vue. C’est aussi ce que ces deux expositions entendent progressivement éclairer.

à suivre : LA FOULE (0-INFINI), Chapitre 2 : du 25 septembre au 30 novembre 2008

Remerciements :
aux prêteurs : Electronic Art Intermix, FRAC Languedoc-Roussillon, Kadist Art Foundation, collection Barbara et Howard Morse (New York), galerie Polaris, galerie Schleicher & Lange, Robert Vifian.

et : Anna Adahl, Henni Alftan, Céline Bernard, Frédéric Bouglé, Caroline Bourgeois, Thomas Boutoux, Jennifer Flay, Eva Gonzalez-Sancho, Ji ?i Kovanda, Kristof Kintera, Sylvain Lizon, Nicolas Moulin, Jean Nanni, Roman Ondak, Claude Rutault, Laure Tixier, Marie Voignier, William Wegman

école Supérieure d’Art de Clermont Communauté, Foundation Felix Gonzalez-Torres, galerie gb agency, Mairie de Clermont-Ferrand, galerie chez Valentin.


LA FOULE (0-INFINI), Chapitre 1 : unité - dualité - la meute - la masse

Catalogue d’exposition

PDF - 4.7 Mo



Anna Adahl, Human Pyramid, 2007, Structure métallique


Jiri Kovanda, Contact, 1977, Photographie
Jiri Kovanda, XXX November 19, 1976, 1976, Photographie
Jiri Kovanda, Waiting for someone to call me, 1976, Photographie,
Jiri Kovanda, XXX January 23, 1978 "I arranged to meet a few friends we we were standing in a small group on the square, talking ; suddenly, I started running ; I raced across the square and disappeared into Melantrich Street",1978, Photographie


Kristof Kintera, Revolution, 2005, Mannequin


Nicolas Moulin, Vider Paris, 2001, Diaporama numérique