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>> La Verrière, Bruxelles

Hubert Duprat
La Verrière Hermès, Brussels, 2014.



Exhibition in the frame of the cycle "Gestures of the Mind", La Verrière Hermès, Brussels
From April 26th to July 12th, 2014.

The fourth exhibition in the series ‘Gesture, and thought’ at La Verrière, Brussels presents an original installation by French artist Hubert Duprat. Created specially for La Verrière, the show explores key elements and themes of the artist’s distinctive plastic vocabulary.

Duprat is an unusual, original, erudite artist, drawing on the visual and sensual potential of a broad, eclectic range of materials. Based on his extensive scholarship, his work combines aspects of observation and preservation, enacted through a process of appropriation, deliberate importation and transaction between the ‘kingdoms’ of the natural and synthetic worlds. Mineral, organic and vegetable elements are combined with industrial or synthetic materials in strikingly seductive sculptures obtained through minimal, delicate, radical and poetic interventions. Duprat takes inspiration from diverse disciplines – entomology, mineralogy, petrography, history and archaeology – fuelling a distinctive oeuvre that nonetheless eludes classification on the terms of any of these
underlying references. His work is both a celebration and a critical examination of the constituent characteristics of matter itself, an exploration of the ‘natural talent’ inherent in pre-existing textures, showcasing their illusionistic properties in the form of ready-mades created with minimal assistance from the artist himself. In so doing, Duprat ‘crafts’ objects of indeterminate artistic identity, midway between tradition and modernity. His work explores extreme tensions : between weight and lightness, minimalism and ornament, rigour and free form, science and magic. His creations embrace heterogeneous styles, from the Baroque (mineral metaphor, organic appendices, vanitas) to Minimalism (geometric Hard Edge, basic forms, industrial materials), and references to recently-overlooked modern movements such as Art Nouveau, and its decorative and architectural applications.
In some ways, Duprat implements an ‘old-fashioned’ artistic economy : an attachment to beauty and fine workmanship, but also to their attendant, expert apparatus. Duprat’s precise selection of materials and technical, scientific and historical references leads him to a broad range of skills and trades. An artist of the hands-on gesture, and the application of expert knowledge, he avoids confining himself to the ‘fixed’ know-how or virtuosity of any single field, appropriating new techniques as he sees fit. As such, his artistic acts contest the inherited socio-professional categorisations of modern art, asserting his status as an enlightened amateur, an experimental ‘cobbler’ of diverse materials, substituting curiosity over expertise. Superficially benign, not to say positivist, his work is nonetheless discreetly subversive, too. Architect and forger alike, the artist subjects his found forms to diverse physical and aesthetic constraints, playing on the ambiguities of the natural and artificial, ricocheting endlessly back and forth between the two, resonating with the words of the decadent hero of Joris-Karl Huysmans’s Symbolist novel A
rebours : ‘After fake flowers aping real flowers, he wanted natural flowers imitating artificial flowers.’1

1-Joris-Karl Huysmans, À rebours, 1884

Hubert Duprat (b. 1957) lives and works in Claret (in the French department of Hérault). His most recent exhibitions include : the Museum of Old and New Art (MONA) in Hobart, Tasmania (2013) ; Pièces montrées,
Fondation Fernet-Branca, Saint-Louis (2013) ; Desert Plains and Internet Memes at Galerie Art Concept, Paris (2013) and Coral, Something Rich and Strange, at Manchester Museum, University of Manchester (2013).


La quatrième exposition du cycle « Des gestes de la pensée », présente une installation originale de l’artiste français Hubert Duprat. Spécialement pensée et produite pour l’espace de La Verrière, elle renouvelle certains éléments du vocabulaire plastique de l’artiste.

Usant avec brio des potentialités visuelles et sensuelles de matériaux extrêmement hétérogènes, Hubert Duprat est un artiste rare et original. Fondé sur une véritable et concrète érudition, le travail de cet artiste très cultivé ne reste toutefois pas dans l’observation, ni dans un régime de la préservation, mais opère sur le mode de l’appropriation, de l’importation volontariste et de la transaction entre les règnes. Les éléments minéraux, organiques ou végétaux qu’il mêle volontiers à des matières synthétiques ou industrielles sont à la base de sculptures à la séduction troublante, obtenues par des interventions à la fois minimales et délicates, radicales et
poétiques. Entomologie, minéralogie, pétrographie, mais aussi histoire et archéologie : toutes ces disciplines infusent les oeuvres de l’artiste, mais la manière particulière dont il s’en inspire finit toujours par échapper à ces substrats référentiels. Ce sont les caractéristiques constituantes de la matière, cette sorte de « talent naturel » des textures du monde qu’il célèbre et critique à la fois, à travers leurs attributs illusionnistes mis en valeur sous la forme de ready-made à peine assistés. Ce faisant, l’artiste façonne des objets qui relèvent d’un régime artistique indéterminé, entre tradition et modernité. On y expérimente des tensions vives entre légèreté et pesanteur, minimalisme et ornementation, rigueur et liberté formelle,
science et magie. Ses travaux convoquent des styles hétérogènes, entre le baroque (la métaphore minérale, l’appendice organique et la vanité) et l’art minimal (hard edge à tendance géométrique, formes basiques, matériaux industriels), mais font aussi références à des mouvements un peu oubliés de la modernité comme L’Art nouveau et ses développements décoratifs et architecturaux. On pourrait penser qu’Hubert Duprat travaille une économie artistique « à l’ancienne » : un attachement au bel ouvrage, à la facture soignée, mais aussi à l’appareillage savant qui l’accompagne. Une précision dans le choix des matériaux et des références techniques,
scientifiques et historiques, qui l’amène à convoquer divers corps de métiers. Artiste du faire et du savoir, il reste toutefois sans réel savoir-faire figé ou virtuose, s’appropriant à chaque fois de nouvelles
techniques au gré de ses désirs. Il conteste ainsi, en actes, les catégorisations socioprofessionnelles héritées de la modernité en revendiquant une position d’amateur éclairé, d’expérimentateur bricoleur, qui substitue la curiosité à l’expertise. Sous ses allures bienveillantes et positivistes, le travail comporte sa part de discrète subversion. Architecte et faussaire, l’artiste soumet des formes trouvées à des carcans physiques et esthétiques qui jouent avec ambiguïté entre le naturel et l’artificiel. Des allers-retours permanents qui résonnent avec les mots du héros décadent de À rebours, le célèbre roman symboliste de Joris-Karl Huysmans : « Après les fleurs factices singeant les véritables fleurs, il voulait des fleurs
naturelles imitant des fleurs fausses1 ».

1-Joris-Karl Huysmans, À rebours, 1884

Hubert Duprat, né en 1957, vit et travaille à Claret (Hérault). Parmi ses expositions les plus récentes : Museum of Old and New Art (Mona) à Hobart, Tasmani (2013), « Pièces montrées », Fondation Fernet-Branca, à
Saint-Louis (2013), « Desert Plains and Internet Memes », à la galerie Art Concept à Paris (2013) et « Coral, Something Rich and Strange », au Manchester Museum (2013).


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